La prospection mutualisée de ressources en eau potable

Gestion de la ressource en eau

La ressource en eau est une des thématiques avec les plus grands enjeux sur le territoire du SAGE de l’Audomarois. L’importance des prélèvements qui y ont lieu lui donne une dimension politique, sociale et économique.
Le territoire du SAGE de l'Audomarois abrite la nappe de la craie dont la productivité est importante. Ce secteur est fréquemment considéré comme le château d’eau du Nord Pas-de-Calais. Mais le territoire souffre d'un déséquilibre prononcé d'exploitation de sa ressource : la partie avale de la nappe est très fortement exploitée (entre 40 et 50 millions de m3 prélevés par an), alors qu’elle est peu utilisée en amont.
Afin d’aboutir à un consensus entre les différents usagers sur la gestion actuelle et future de la ressource en eau sur le territoire du SAGE, une étude générale a été réalisée sur l’ensemble du territoire en 2008, intitulée « Analyse des modalités de gestion de la ressource en eau sur le SAGE de l’Audomarois et perspectives d’évolution ». Financée pour moitié par l'Agence de l'Eau Artois-Picardie et pour moitié par les trois principaux préleveurs d'eau du territoire, elle a permis de réactualiser l’état des connaissances sur le fonctionnement des milieux et les usages par grandes catégories et de définir des objectifs précis en termes d’exploitation de la ressource en eau pour chacun des trois sous bassins du territoire du SAGE.
La finalisation de l’étude en février 2011 a permis l’écriture de grands principes de gestion de la ressource en eau sur le territoire du SAGE, acceptés et validés par tous les partenaires du territoire. Ils sont destinés à prévenir toute surexploitation de la ressource en eau potable et les conflits d’intérêt, à trouver un équilibre entre les ressources disponibles et la demande en eau, à assurer l’accès équitable à l’eau pour tous, et à ne pas porter atteinte aux milieux aquatiques, tout en veillant au développement économique du territoire. Ces grands principes sont repris dans la nouvelle version du SAGE, adopté le 15 janvier 2013 suite à sa mise en conformité avec la LEMA (Loi sur l'Eau et les Milieux Aquatiques de 2006) et le SDAGE.

Etude de prospection

Cette étude a également mis en évidence des problématiques d’ordre quantitatif avec ponctuellement certains syndicats qui dépassent leurs autorisations de prélèvements et des déficits en terme de sécurisation de la ressource : il a été estimé que 9 millions de m3 seraient nécessaires pour satisfaire les besoins actuels et futurs des collectivités et des industriels.

L’ensemble des partenaires a souhaité poursuivre l’engagement en lançant une étude commune en octobre 2011 pour prospecter des zones d’exploitation de nouvelles ressources permettant de satisfaire les demandes en eau formulées et de sécuriser l’alimentation en eau des collectivités.
Sur la base des connaissances hydrogéologique de terrain et de simulations hydrodynamique, les secteurs ont été hiérarchisés en fonction des ressources potentielles, de la protégeabilité de la ressource et des possibilités d'exploitation.

Les phases d’études, de travaux et d’analyse ont été finalisées en 2015.

Quatre sites de captages de reconnaissance ont été investigués avec succès d’un point de vue qualitatif et quantitatif sur la Haute Aa:

  • deux sites sur la commune de Renty ;
  • un sur la commune de Saint-Martin-d’Hardinghem ;
  • et un sur la commune de Merck-Saint-Liévin.

Un hydrogéologue agrée a été mandaté en avril 2016 et a rendu un avis technique favorable sur les premiers résultats.
Cependant d’autres études restent à compléter avant d’envisager les démarches de préfiguration d’exploitation.

9

millions de m3 prospectés


4

sites de captage prévisionnels


Études complémentaires

En parallèle des travaux, une étude hydrologique et une étude pour l’estimation de l'impact sur l'habitat aquatique ont été engagées en vue de disposer des données nécessaires à l’appréciation de l’impact potentiel des prélèvements envisagés. Il convient en effet de quantifier par des mesures in-situ les impacts des prélèvements. Ainsi, l'objectif des suivis proposés est d'apporter les éléments nécessaires à la mesure de l'incidence des prélèvements sur les débits des cours d'eau et leur fonctionnement hydrobiologique, en vue de la rédaction de l'étude d'impact et de la détermination des périmètres de protection.

De plus, afin d’étudier la faisabilité technique et financière de l’exploitation pour chaque partenaire, il a été décidé de mener une étude technico-économique. Cette étude a pour objectif de vérifier si le projet de nouvelle ressource en eau potable sur la zone identifiée est réalisable au regard des choix techniques possibles, des capacités financières des structures parties prenantes, des possibilités offertes par le cadre juridique pour le montage de la structure à envisager, des impacts environnementaux, des précautions à prendre et des actions à conduire pour la réussite du projet.

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